En bref : Antoine Kanaan, cofondateur et PDG de HAQQ, s'est confié lors d'une interview télévisée sur les raisons pour lesquelles l'IA juridique a sa place dans la poche de chacun. La thèse est simple. Sur les 8 milliards d'habitants de la planète, plus de 5 milliards n'ont pas un accès réel à la justice, principalement parce qu'elle coûte trop cher. Une IA juridique spécialisée, gratuite au démarrage, peut leur offrir ce premier pas. Elle ne remplace pas un avocat. Elle vous prépare à en rencontrer un.
Tout, dans nos vies, est devenu rapide. L'information, le travail, les décisions que nous prenons chaque jour. Un seul domaine est resté lent et intimidant : le droit. Des textes que nous ne comprenons pas, des contrats que nous signons sans être sûrs, et un avocat que nous ne pouvons joindre qu'à un coût élevé et après une longue attente. Antoine Kanaan, PDG et cofondateur de HAQQ (« ton droit » en arabe), veut briser cette équation : une IA juridique dans la poche de chacun, qui comprend les lois de chaque pays, dans chaque langue, et répond dès que le besoin se fait sentir, même à 3 heures du matin.
Antoine Kanaan, PDG et cofondateur de HAQQ, sur l'IA juridique et l'accès à la justice.
Le nom porte la mission
HAQQ signifie « ton droit » en arabe, et la conviction qui sous-tend ce nom est plus claire encore : c'est le droit de chaque personne d'accéder à ses droits, et la technologie est ce qui mettra ces droits entre ses propres mains. L'application se télécharge sur votre téléphone. Ouvrez-la, et vous trouvez une IA juridique qui comprend le droit où que vous soyez dans le monde. Elle vous donne une réponse juridique, relit un document, rédige un contrat, ou explique ce que vous devez et ce qui vous est dû, quelle que soit la situation.
Pas un remplacement de l'avocat, le premier pas vers lui
Kanaan trace la limite clairement. HAQQ ne remplace pas votre avocat ; dans les cas sensibles, vous devez toujours en consulter un. Ce que l'application apporte, c'est le premier pas sur le chemin de la justice, l'étape où la plupart des gens restent bloqués parce qu'ils ne peuvent pas lire un document ou ne peuvent pas se permettre une consultation. Photographiez un contrat, demandez à l'application de l'expliquer, de l'analyser et de vous conseiller. Puis apportez cette compréhension à un avocat pour la confirmer. La différence, c'est que vous n'entrez plus dans la pièce à l'aveugle.
La loi n'épargne personne pour ignorance. C'est pourquoi chacun a besoin de quelqu'un dans sa poche pour l'aider et lui expliquer ses obligations et ses droits. — Antoine Kanaan, PDG et cofondateur de HAQQ
L'écart d'accès à la justice : cinq sur huit
Le chiffre qui porte tout le projet est brutal. Sur les 8 milliards d'habitants de la planète, plus de 5 milliards n'ont pas un accès réel à la justice, un chiffre qui provient des travaux du World Justice Project sur l'écart mondial d'accès à la justice. La première raison est le coût. La justice est chère, alors la plupart des gens n'y accèdent jamais.
La réponse de HAQQ est de l'offrir gratuitement. Une IA juridique qui connaît les lois du monde entier, résout et rédige des contrats, et explique droits et devoirs, gratuite au démarrage, sur le téléphone que vous avez déjà en main. Cette portée, argumente Kanaan, est le chemin le plus rapide entre une personne ordinaire et ses droits.
De l'information gratuite aux services gratuits
Kanaan situe ce basculement par une comparaison avec ce qui est arrivé à l'information elle-même. Autrefois, vous achetiez un livre à dix dollars pour obtenir une réponse ; aujourd'hui, vous faites une recherche et c'est gratuit. L'IA fait la même chose un cran plus haut, non pas sur l'information, mais sur l'action.
Pensez à ce que Google a fait à l'information. Autrefois, vous achetiez un livre à dix dollars ; aujourd'hui, vous faites une recherche et c'est gratuit. La différence, aujourd'hui, est la suivante : Google vous donne de l'information quand vous la demandez. L'IA vous donne des services quand vous les demandez. — Antoine Kanaan, PDG et cofondateur de HAQQ
Lire un texte de loi n'a jamais rédigé le contrat de personne ni évalué le risque de personne. Le goulot d'étranglement a toujours été l'action, pas le savoir, et c'est précisément cette partie que l'IA rend désormais peu coûteuse.
L'économie d'un contrat à 500 dollars
Cet écart n'a rien d'abstrait. Il se traduit en calcul chaque fois que quelqu'un décide si un contrat vaut la peine d'être payé.
La plupart des gens ne paieront pas 500 dollars pour un contrat. Parfois même pas 100. Si l'accord lui-même ne vaut que 200 dollars, payer plus que cela pour la paperasse n'a aucun sens — alors ça ne se fait tout simplement pas, et les gens restent sans protection. — Antoine Kanaan, PDG et cofondateur de HAQQ
Faites tendre le coût d'un premier jet vers zéro, et ce calcul s'inverse : le contrat à 200 dollars devient enfin abordable, et la poignée de main peut être mise par écrit.
Pourquoi partir du Liban ?
HAQQ a été fondée au Liban et compte aujourd'hui plus de 12 000 utilisateurs dans 200 pays, une entreprise née libanaise devenue mondiale. La vision de Kanaan pour le pays dépasse largement l'entreprise elle-même : le Liban exporte ses cerveaux, alors si ces cerveaux restent au pays et sont financés en capital, rien ne les empêche de bâtir des entreprises qui exportent leurs services et leurs produits dans le monde entier. Le modèle qu'il défend n'est pas d'exporter les esprits, mais de les garder, de les financer, et de les laisser exporter à leur place.
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Peut-on faire confiance à l'IA ?
Beaucoup n'y font pas confiance, et une IA généraliste se trompe effectivement. Kanaan distingue un outil généraliste d'un outil spécialisé. S'appuyer sur un chatbot généraliste pour de l'information juridique, c'est s'appuyer sur quelque chose qui n'est pas fiable. L'IA de HAQQ est construite pour le droit : elle a étudié les lois de plus de 80 juridictions, et elle connaît le langage juridique et les exigences propres à chaque affaire. Personne n'est à l'abri de l'erreur, ni l'humain ni la machine, mais un outil entraîné sur le droit se trompe bien moins et apporte bien plus. La règle reste donc la même : dès qu'une responsabilité est en jeu, faites appel à un avocat.
L'avocat qui refuse l'IA se fera distancer
Avant de se lancer auprès du grand public, HAQQ s'est d'abord lancée auprès des avocats. La conviction était, et reste, qu'un avocat doit être armé de l'IA. Les chiffres expliquent pourquoi : cinq contrats en cinq minutes, sur cinq onglets à la fois. Aucun avocat ne fait cela à la main. La relecture reste du ressort de l'avocat, mais le coût et le temps s'effondrent. Refuser l'outil, dit Kanaan, revient à refuser une calculatrice et à s'obstiner à faire les calculs à la main.
L'avocat qui refuse d'utiliser l'IA se fait distancer pendant que le monde avance. Il a le devoir d'offrir le meilleur service à son client, et il ne peut pas le faire sans cet outil. — Antoine Kanaan, PDG et cofondateur de HAQQ
Un message aux jeunes bâtisseurs
Interrogé sur ce qu'il dirait aux personnes qui ont des idées mais n'agissent jamais par peur de l'échec, Kanaan a été direct : il y a un risque dans tout ce que l'on fait, et une chance de ne pas réussir, mais celui qui essaie et échoue se retrouve simplement là où il a commencé, sans avoir rien perdu. Sur la région, il est encore plus direct. Si quelque chose nous a retenus au Moyen-Orient, c'est la peur, la peur pour les gens et la peur pour les emplois. L'IA est l'invention la plus importante que l'humanité ait faite depuis deux ou trois mille ans. Si nous ne l'utilisons pas maintenant, alors quand ?
Comment l'utiliser, et ce que ça coûte
Comme pour tout outil d'IA moderne, vous commencez gratuitement, puis vous passez à un palier payant selon votre usage, un système de crédits similaire à ChatGPT ou Claude. Comparé aux honoraires d'un avocat pour une tâche simple comme la relecture d'un contrat, le coût peut représenter une fraction du prix. Au-delà du service gratuit destiné aux particuliers, HAQQ travaille avec des entreprises et des organismes publics à travers le monde arabe, en proposant l'IA juridique en tant que service. L'avenir, selon les mots de Kanaan : nous ne nous arrêterons pas tant que chaque personne ne pourra pas accéder au droit et accéder à ses droits.
Points clés à retenir
- Plus de 5 milliards des 8 milliards d'habitants de la planète n'ont pas un accès réel à la justice, principalement parce qu'elle coûte trop cher.
- HAQQ met une IA juridique spécialisée dans la poche de chacun, gratuite au démarrage, comme premier pas vers la justice, et non comme un remplacement de l'avocat.
- Une IA spécialisée en droit se trompe bien moins qu'un chatbot généraliste, mais les affaires engageant une responsabilité ont toujours besoin d'un avocat agréé.
- Les avocats qui adoptent l'IA réduisent drastiquement le coût et le temps ; ceux qui la refusent se font distancer.
- HAQQ est née au Liban et sert aujourd'hui plus de 12 000 utilisateurs dans 200 pays, avec un modèle qui consiste à garder et à financer les talents sur place.
Testez-la sur votre propre situation : HAQQ Legal AI est gratuite à télécharger sur iPhone et Android, avec un support natif en arabe et en anglais. HAQQ n'est pas un cabinet d'avocats et ne fournit pas de représentation juridique. Consultez toujours un avocat agréé pour toute décision juridique finale.



